
Alors que l'état est en passe de transformer la RN 164 en route à quatre voies et ainsi recouvrir de bitume une surface considérable, les fouilles préventives organisées par l'INRAP ont permis de mettre au jour, au début du printemps 2007, une exploitation agricole dans la région de Laniscat, en Bretagne. Examiné, le site livra alors, outre des renseignement archéologiques importants, une quantité incroyable de monnaie gauloise.
Les premières études ont démontré que le site était exploité depuis le IIIe siècle avant notre ère et que la surface de l'exploitation atteignait les 7500m². Si ce type d'ouvrage n'est pas rare, la découverte d'un trésor en monnaie l'est par contre beaucoup plus. C'est qu'à 20 ou 30cm de profondeur que les archéologue ont trouvé pas moins de 545 pièces, étalées sur une surface de 200m². Les premières analyses estime leur enfouissement entre 75 et 50 avant JC, ce qui en fait un trésor caché lors de la conquête des Gaules. Constituées de 58 statères et de 487 quart de statère, les pièces, de 2 cm de diamètre pour les plus grandes, sont en alliage d'or, d'argent et de cuivre. De formes concaves, elles présentent sur leurs faces des figures d'homme ou de cheval, rehaussées de motifs originaux : cheval androcéphale, têtes coupées, sangliers, cordons perlés, ornements floraux... Ce n'est que lundi 17 décembre que la découverte fut rendue public afin de sauvegarder le site de toute tentative de pillage.
Possédé par la tribut gauloise Osismes, le nord ouest de la Bretagne, autrefois partie intégrante de l'Armorique, est resté longtemps considéré comme une nation sous le joug de leurs puissants voisins les Vénètes. Cette remarquable découverte risque de faire prendre un léger virage sur cette domination, en effet, ces 545 monnaies représentent une fortune colossale pour l'époque, ne servant pas pour les achats réguliers, mais plutôt pour des transactions exceptionnelles, les Osismes n'étant donc pas si dépendant que cela de leurs voisins. Lorsque Jules César conquit la Gaule, les Osismes furent rapidement soumis, mais leur soif de liberté les poussa à s'allier aux Vénètes lors de la révolte de -56, fronde durement réprimée par Rome.
Les remises en cause sur l'histoire gauloise et régionale de Bretagne ne s'arrête pas là. Jusqu'à présent, les historiens considéraient que la noblesse se regroupaient toujours dans de grandes agglomérations fortifiés, cet établissement agricole démontre maintenant le contraire.
Cette découverte est dans tous les cas la plus importante après celle de Tronoën en Saint-Jean-Trolimon en 1903 ou celle Guingamp, plus récemment.
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